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Vers une « révolution collective »

Les entreprises collectives ont plus que jamais leur rôle à jouer dans la période de profondes transformations que traverse la société, estime l’auteur.

La poussière du dépôt du plus récent budget du gouvernement du Québec est maintenant retombée. Bien que les réactions aient été variées, elles convergent vers un constat : l’État ne parvient malheureusement pas à prendre en charge certains besoins fondamentaux de notre population.

J. BENOIT CARON

Directeur général du Consortium de coopération des entreprises collectives

En effet, des enjeux stratégiques importants, voire essentiels, pour notre avenir sont actuellement « échappés », et sans action significative, ils continueront de prendre de l’ampleur. Devant ce constat, une réflexion s’impose : l’État québécois est-il réellement le seul à pouvoir prendre en charge ces enjeux ?

À la lumière de mes près de 30 ans d’expérience en développement, redressement et gestion de coopératives et d’organisations sectorielles nationales de l’entrepreneuriat collectif, je sais qu’une autre option existe.

Bénéfiques pour l’économie et les personnes

Les entreprises collectives – ou d’économie sociale – jouent un rôle essentiel dans le paysage socioéconomique du Québec, et ce, depuis longtemps ! Innovants, résilients et enracinés dans leurs communautés, ces coopératives, mutuelles et OBNL ont un chiffre d’affaires global de près de 48 milliards de dollars et emploient plus de 220 000 Québécoises et Québécois.

Par leur modèle qui met l’accent sur les personnes plutôt que sur le profit à tout prix, les entreprises collectives adoptent souvent une approche à plus long terme, favorisant leur durabilité et leur résilience face aux cycles économiques.

Elles permettent également une diversification de l’économie québécoise au bénéfice de tous.

Œuvrant hebdomadairement auprès de centaines d’entre elles, je suis en mesure de vous confirmer qu’elles sont un exemple inouï de prise en charge et de responsabilisation citoyenne face à des besoins en attente de réponse.

Cultiver l’autonomisation des collectivités plutôt que leur dépendance à l’État

Les effectifs et dépenses des gouvernements sont en forte hausse ces dernières décennies, et cette tendance risque de se poursuivre, notamment à cause de la crise climatique et du vieillissement de notre population.

Plutôt que de systématiquement envoyer de l’argent par millions et milliards à des organismes publics ou à des entreprises privées toujours plus assoiffés, j’invite le gouvernement à appuyer davantage l’autonomisation des collectivités grâce aux entreprises collectives.

On pense alors aux coopératives et OBNL en habitation qui font des miracles présentement, aux coopératives de paramédics qui sont parmi les fournisseurs de services préhospitaliers d’urgence les plus performants au Québec, aux nombreux médias qui fonctionnent sous forme de coopératives ou d’OBNL, aux entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EESAD) qui portent avec le gouvernement du Québec le virage vers le soutien à domicile tant espéré par nos aînés, aux entreprises d’insertion et d’économie circulaire comme Renaissance. Les exemples sont multiples : il ne reste qu’à les consolider, les multiplier, les amplifier !

Une réponse à la révolution en cours

En tant que coopérateur de longue date, je vous communique un fait peu connu : le mouvement coopératif et mutualiste, qui a pris ses racines ici dans la seconde moitié du XIXsiècle face à la révolution industrielle, est intimement lié à l’histoire du Québec.

Historiquement, les entreprises collectives sont souvent entrées en jeu ou se sont développées dans des contextes difficiles ou de grandes transformations au Québec.

On peut penser au développement des caisses populaires à la suite du krach boursier de 1929 !

Que vous la nommiez « révolution technologique » ou « industrie 4.0 », nous vivons présentement une période de profondes transformations avec l’intelligence artificielle, le télétravail et les technologies du numérique. Parallèlement, les crises sociales et environnementales se multiplient.

Comme la fumée pour le feu, l’écosystème québécois d’entrepreneuriat collectif est en pleine effervescence présentement face à tous ces défis et besoins.

J’invite nos décideuses et décideurs à saisir cette occasion de miser sur l’accompagnement et le développement de ces organisations afin d’appuyer l’autonomisation des collectivités québécoises. Afin de déclencher un effet multiplicateur vers un modèle économique plus durable, solidaire et résilient. Un modèle moins dépendant du chéquier de l’État.

Créons ensemble cette « révolution collective ».

« Nous sommes fiers d’arborer le sceau Concilivi qui démontre une belle évolution dans le monde du travail ».

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